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Au travers d’un discours non-prononcé par André Malraux à Cayenne, Pierre Michelon  s’intéresse à un épisode marquant de l’histoire de la départementalisation en Guyane française : le référendum de septembre 1958 portant sur la Constitution de la Ve République. « Un petit morceau de bois » aménage cette histoire au gré des versions : celles des gaullistes, des ministres, des indépendantistes, des communistes, ou tout à la fois. C’est le cas de Jean Mariema, figure importante du militantisme guyanais avec lequel l’artiste construit cette ébauche de film. Pour la soirée de performance-documentaire du lundi 31 Mars à Khiasma (lundi de Phantom n°11), il collabore avec David Legrand et invite Françoise Vergès et Mathieu K. Abonnenc à venir partager la discussion. Pour accompagner ce travail en cours, Pierre Michelon a rassemblé des textes et documents qui éclairent chacun à leur manière les enjeux de sa recherche.

NOVEMBRE, UNE AUTRE SAISON

Elie_pierre

Novembre 96, au terme d’une longue grêve ponctuée de violences et au lendemain de nuits d’émeutes, durant lesquelles, certains se sont demandés si tout Cayenne n’allait brûler, les lycéens et collégiens de Guyane, aidés par la jeunesse désœuvrée obtinrent la création d’une Académie de Guyane avec son Rectorat, se libérant ainsi de la tutelle administrative d’un artificiel Rectorat des Antilles-Guyane.

Le 11 novembre 2013 – date symbolique, ô combien ! – des étudiants et enseignants du Pôle Universitaire de Guyane, signaient avec le Préfet et le Recteur de Guyane, représentants de l’Etat et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, un Protocole de fin de conflits qui prévoyait expressément, la publication d’un décret de création d’une Université de Guyane de plein exercice. Il avait fallu, pas moins de six semaines de grêve et de manifestations populaires pour arriver à ce résultat.

L’émancipation du monde de l’Education en Guyane, se poursuivait à travers des rapports de force sans concession. Visiblement, la Départementalisation en Guyane n’est pas un long fleuve tranquille.

Car, entretemps, il y avait eu :

— Des mises en garde à vue, des arrestations, des déportations (en Martinique), des mises en accusation, des molestations de militants syndicaux et/ou indépendantistes.

— Et comme si le mois de novembre était une fatalité, le grand mouvement populaire de protestation contre le prix du carburant et la cherté de la vie, à la fin des années 2008.

— Sans oublier la grêve des étudiants et enseignants de l’I.E.S.G (l’Institut d’Etudes Supérieures de Guyane), sur le Campus de Saint-Denis, de janvier à Pâques 2003 pour arracher un minimum d’autonomie pour le Pôle Universitaire de Guyane, emprisonné dans le carcan de l’U.A.G (l’Université des Antilles-Guyane).

— Visiblement, l’Assimilation n’est pas une promenade d’amoureux, car depuis ce 11 novembre 2013, le décret n’est toujours pas signé et des forces hostiles, manœuvrent obstinément pour retarder la mise en place de l’Université de plein exercice de Guyane.

Mais nous avons, en cette terre d’Amazonie, l’habitude de très longues saisons de pluie et nous savons que les barrages finissent toujours par céder.

L’eau, en dépit des apparences, est une force invincible.

Elie Stephenson (mars 2014)

Elie Stephenson, né en 1944 à Cayenne, est l’un des grands poètes-dramaturges guyanais. Auteur de recueils de poèmes dont Une Flêche pour un pays à l’encan, Catacombe de Soleil, Comme des gouttes de sang, La conscience du feu et de plusieurs pièces de théâtre dont Massak, Ô Mayouri et dernièrement Ago — Tukusipan — Wada.

Docteur en Développement économique et social, sa thèse s’intitulait « Contribution à l’étude des problèmes théoriques et politiques des pays à petites dimensions : le cas de la Guyane ». En septembre 1972, il participe au premier Carfesta (Festival d’Art et de Culture des Caraïbes) à Georgetown en qualité de chef de la délégation guyanaise. Après avoir été Professeur d’Economie au Lycée Félix Eboué, il devient directeur de l’OCRG avant d’avoir des responsabilités au Rectorat de la Guyane dans le domaine Culturel. Il travaille à l’Université des Antilles et de la Guyane où il préside entre autres le CAASSID (Centre d’Analyse Amérique Sud Spatiale Internationale des Dynamiques de Développement), un centre qui oeuvre pour une immense zone économique en Amérique du Sud.

01RadioPresse

Radio-Presse du 18 septembre 1958, Archives Départementales de Guyane.